Hulric PIERRE-LOUIS
Haïti

Hulric PIERRE-LOUIS

PIERRE-LOUIS PIERRE
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Photo courtoisie de Le Nouvelliste
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Constant PIERRE-LOUIS
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Andréa PIERRE-LOUIS née PIERRE
Hulric Elima Maurice Solon PIERRE-LOUIS
Chef d'Orchestre et Saxophoniste
Maestro du Septentrional du Cap
Fondateur du "Trio Symphonia", membre du jazz "Youyou"
o samedi 22 septembre 1928 Haïti, Acul-du-Nord, Duty
+ mercredi 2 septembre 2009 Haiti, Port-au Prince
ax Edeline PIERRE-CHARLES
bx Haïti, 1964, En vie / Living

DESCENDANCE


Avec Edeline PIERRE-CHARLES
1 ) En vie / Living

Avec En vie / Living
2 ) En vie / Living

 

 

Principale source : LNVE

Source externe

Généalogie d'Haïti et de Saint-Domingue
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Révisé le dimanche 20 juin 2010

 

Hulrick Pierre-LouisHulrick Pierre-Louis

chef d'orchestre et saxophoniste


par Louis Carl Saint Jean

L'histoire de notre glorieuse nation fourmille d'hommes exceptionnels qui, dans presque tous les domaines (scientifique, littéraire, artistique, etc.), peuvent se ranger d'égal à égal parmi les plus grands de ce monde. A vouloir énumérer une liste, même partielle, de ceux-là, on se fourvoierait complètement, tant le nombre est impressionnant. Cependant, si avec calme et lucidité, on se met à scruter uniquement le côté septentrion de notre firmament musical, on repérerait sans aucune difficulté l'une de nos plus brillantes étoiles incarnée en un homme pourtant très simple et très humble. Il s'agit du légendaire chef d'orchestre, guitariste, flûtiste et saxophoniste Hulric Pierre-Louis. (Son nom complet est Hulric Elima Maurice Solon Pierre-Louis).

L'année même de la naissance d'Hulric (1928) coïncide avec l'un des tournants majeurs de l'histoire littéraire et culturelle tant de notre pays que du monde noir. Elle marque, en effet, la publication de Ainsi Parla l'Oncle du docteur Jean Price-Mars (natif de la Grande Rivière du Nord), essai ethnographique qui allait servir de guide et de référence au mouvement indigéniste haïtien et même à celui de la Négritude en 1935, dans le Quartier Latin, à Paris.

C'est justement Duty (4e section communale de l'Acul du Nord) qui a vu naître Hulric Pierre-Louis le 22 septembre 1928, fils de Constant Pierre-Louis et de Andréa Pierre, tous deux Capois pur sucre. L'année suivante, cette dernière, couturière de profession, regagne le Cap-Haïtien pour y vivre dignement avec son bébé. En 1935, l'enfant est frappé par un très grave deuil, avec la mort de sa mère. Il élit alors domicile chez son père, à la rue 22. Ce tailleur et coiffeur, mais aussi guitariste et ancien flûtiste à la fanfare du Cap vers le milieu des années 1920, luttera du bec et des ongles afin d'assurer le meilleur enseignement et la meilleure éducation possibles à ses enfants (dont Lucien Pierre-Louis, ancien trompettiste de Septen et la future Mme Luc Vincent). A la fin de l'année scolaire 1936 - 1937, Hulric quitte l'Institution Marius Lévy pour poursuivre ses études primaires chez les Frères de l'Instruction Chrétienne, où la formation musicale était un complément de bonne éducation. Immédiatement, le jeune écolier commence à s'initier aux rudiments du solfège sous la direction du proviseur, le Père Doroté (un Belge) et de M. Davous Gilles, un brillant musicien haïtien. Entre-temps, il reçoit quelques principes de base de guitare d'Ernest Colas et d'un prénommé Michelet. Après près de deux années de progrès remarquables, M. Pierre-Louis confie son fiston aux meilleurs professeurs de musique de la ville. D'abord, de 1939 à 1941 (environ), il sera confié au pasteur Saint Armand Gabriel pour des cours de guitare classique. Sitôt après le départ de ce dernier en mission évangélique pour la Jamaïque, le non moins célèbre guitariste Edouard Cosifi allait continuer à assurer pendant deux années consécutives la formation du jeune Pierre-Louis. Peu de temps après, l'étudiant entame des leçons de flûte traversière auprès du musicien militaire David Désamours, ancien directeur musical de la Fondation Vincent.

En octobre 1942, quand Hulric entre en classes secondaires au Lycée Philippe Guerrier, était mis sur pied un groupe musical - Ensemble Symphonia - formé de lycéens et d'autres jeunes musiciens amateurs de la ville. Il se jette sur l'occasion pour y tenir la guitare, ayant, à ses côtés, Jacob Germain et Jacques Mompremier. Bien que ce groupe n'eût duré qu'environ deux années scolaires (1942 - 1943, 1943 - 1944), ces trois mousquetaires allaient faire ensemble un bon bout de chemin. Effectivement, vers la fin de 1944, comme première réalisation commune, ils fonderont le Trio Symphonia (Jacob Germain, chanteur, Hulric Pierre-Louis et Jacques Mompremier, guitare).
Tout marche relativement bien. Toujours est-il, jusqu'ici, la musique est le violon d'Ingres d'Hulric. Elève brillant, une seule passion l'obsède : terminer ses études secondaires en vue d'apprendre une profession libérale. D'ailleurs, il admet que : «Certes, j'aimais la musique, mais je m'y adonnais juste pour m'amuser. Je n'avais jamais eu l'idée de faire une carrière professionnelle dans ce noble domaine. Jusqu'à l'âge de dix-sept ans, tout mon rêve était de devenir ingénieur civil ou d'embrasser une autre carrière. C'est accidentellement, disons mieux, c'est la mort de mon père qui m'a conduit vers la profession de musicien. »

En effet, en avril 1946, son père, âgé de 41 ans, rend l'âme subitement. A la fin de cette même année scolaire, quoique admis en seconde, nécessité faisant loi, Hulric dépose pour jamais son sac d'écolier, prend sa guitare et intègre avec Germain et Mompremier le très populaire Jazz Youyou du joueur de soprano Cirius « Youyou » Henri (né au Borgne entre 1907 et 1909), un ami de son père défunt. Il commence alors un long pèlerinage musical.

Malheureusement, deux incidents banaux allaient écourter son séjour chez Youyou. Homme de conviction et de caractère, Pierre-Louis refuse de donner « ochan » à un militaire puissant lors d'un bal à Bahon, le 19 mars 1947. Car, il pense que : « Le musicien doit plaire à un public et non à un homme ». Il sera alors vu d'un très mauvais oeil par son maestro. Un peu moins de six mois plus tard (début septembre 1947), un autre s'ensuit. Youyou s'emporte en voyant son guitariste s'entraîner au saxophone au cours d'un intermède, prétextant que « si je devenais saxophoniste, je pourrais un beau jour lui ravir son ensemble... » Refusant de prêter l'oreille aux explications données par Hulric, une dispute vive et orageuse éclata. Ce sera la goutte d'eau qui allait renverser le vase. Le jeune musicien et ses deux amis alors plient bagage et forment le Trio Astoria (donc, le même Trio Symphonia, avec comme seule différence, Pierre-Louis et Mompremier tiendront successivement désormais le saxophone alto et la trompette).

Puisque le trio n'arrive pas à faire recette en dépit de la bonne qualité de son répertoire, la sagacité d'Hulric lui dicte de solliciter une fusion avec le Quatuor Septentrional qui à ce moment tenait le haut du pavé. De plus, augurait-il : « Pour bons que nous fussions, ni l'une ni l'autre des formations n'allaient pas pouvoir tenir pendant longtemps. Le besoin d'un plus large ensemble se faisait énormément sentir dans la ville à l'époque. » Alors, il suggère une fusion aux gars du Quatuor. Mais ce fut peine perdue.

En avril 1948, une première lueur d'espoir se montre à l'horizon. Maître Frédéric Magny invite le Quatuor Septentrional à se produire dans le « Cercle Aurore » dont il assure la direction. Jean Menuau, leader de ce groupe, ayant besoin d'un saxophoniste pour renforcer sa ligne, fait alors appel à Hulric Pierre-Louis. Solidaire, ce dernier rappelle à Menuau sa demande, car « je n'avais pas voulu partir seul en laissant de côté Jacob et Jacques. A dire vrai, le saxophoniste suffisait, mais je pensais que c'était une occasion en or d'amorcer la fusion. » Il accepte, mais c'est seulement pour l'espace de la simple soirée.

Toutefois, Hulric n'a jamais jeté le manche après la cognée. A la guerre, comme à la guerre. A l'instar de « L'Ami importun » (Luc 18 : 1 - 8), il continue à exprimer sa requête avec insistance. Ayant demandé, il allait recevoir. Comme par un joli miracle, le Jazz Capois ne peut répondre ni à l'invitation de Mme Antonia Pierre-Louis (pour la Saint-Jacques, à la Plaine du Nord, le 24 juillet) ni à celle de Mme Cazalès Maisoneuve-Duvivier (pour la Sainte-Anne, à Limonade, les 25, 26 et 27 juillet). Nous raconte Léandre Fidèle, guitariste et membre fondateur du Quatuor et de Septen (affirmation appuyée par son frère Rigaud Fidèle, trompettiste, membre fondateur de l'Orchestre Septentrional) : « Mme Duvivier, parente à moi, nous a alors demandé de suppléer au Jazz Capois. Ainsi, nous avions fait appel de nouveau au trio d'Hulric et à deux ou trois autres musiciens. C'est ainsi qu'après la réussite totale et aussi très inattendue des soirées champêtres organisées du 24 au 27 juillet 1948, nous avions décidé de former l'Orchestre Septentrional d'Haïti. »

Les choses marchent, mais très lentement, au point même de pousser plus d'un au découragement. Vers la fin de l'année 1950, Pierre-Louis est appelé aux commandes, succédant à Jean Menuau, le premier maestro du groupe. « Comme [l'un de] nos aïeux aux bras forts », il allait resserrer à jamais les rangs de l'ensemble. Rigaud Fidèle lui-même avouera : « On doit rendre hommage à la vérité. Sans Hulric Pierre-Louis, Septen ne serait jamais le Septen qu'on a aujourd'hui. Sans conteste, on lui doit d'avoir permis à l'orchestre de traverser 58 années d'existence ... »  

Une telle entreprise tient vraiment de la gageure. En plus, n'oublions pas que nous sommes en 1948, donc, bientôt dans les années 1950. Nous sommes au Cap-Haïtien, à plus de 250 km de la capitale. Or, une conception saugrenue et anachronique veut que seul soit bon et acceptable ce qui vient de « La République de Port-au-Prince » (bien sûr, quand nous ne pouvons pas le faire venir de l'étranger). Nous sommes à l'époque de la toute puissance du Super Jazz des Jeunes, à l'âge d'or de l'Orchestre Issa El Saieh, à la domination de l'Ensemble Ernest Lamy (1952 - 1955), à la montée de l'Ensemble Aux Calebasses (1955), au zénith de l'Ensemble du Casino International d'Haïti (1956), à l'adulation des brillants jeunes de l'Ensemble Latino (1957 - 1959), à la montée en flèche des genres urbains compas direct (vers 1958) et cadence rampa (vers 1961). Comment, ciel, pouvait-on oser espérer un triomphe éventuel de Septen !

Cependant, avec Hulric Pierre-Louis au gouvernail, le groupe a pu s'imposer à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, représentant merveilleusement notre culture. En effet, dans le registre des ensembles musicaux authentiques et représentatifs de nos valeurs ancestrales, son rythme dit « Boule de Feu » aidant, Septen se loge côte à côte, chacun à sa manière, dans la galerie du Super Jazz des Jeunes, de l'Orchestre Issa El Saieh, de l'Ensemble Ibo Lélé et de l'Ensemble du Riviera Hôtel d'Haïti. Subséquemment, le maestro Pierre-Louis a prouvé qu'il était de ceux qui, avec les Antalcidas Murat, Issa El Saieh, Rodolphe Legros, Guy Durosier, Lina Mathon Blanchet, avaient compris la nécessité du « retour à la sincérité et au naturel, au modèle vivant, à la description directe, au parfum plus accentué d'haïtienneté... » prêchée par le poète indigéniste Normil Sylvain (in Revue Indigène, Juillet 1927).

En effet, Yao Assouman, un ami de la Côte d'Ivoire (Afrique de l'Ouest), fin connaisseur des rythmes africains à qui j'ai présenté l'Orchestre Septentrional en 1987, à l'écoute des titres tels que Grand Pion, Joe Cannelle, Viergina, etc., tous des « boules de feu » du maestro, m'a fait remarquer : « Hé ! Mais il sonne comme un groupe africain ». D'une inspiration musicale éclectique, Hulric n'a méprisé aucun de nos genres authentiques, ceux qui « avaient aidé nos Aïeux à Vertières, à la Crête-à-Pierrot ». Par exemple, il voue une admiration sans bornes à la méringue haïtienne, la musique nationale de notre pays. Ses Nuit au Feu Vert, Cité du Cap-Haïtien, Douce Haïti, Nuit de Port-au-Prince, de véritables joyaux musicaux, en témoignent éloquemment. « Vivant de son jardin », parmi pas moins de ses trois cents compositions, il nous a offert de surcroît des congos (Prends courage, Bon ti pays), des ibos (Nounoune, Combite, etc.), des pétros (Evolution, Tambou frappé, etc. - cette dernière est sa préférée) qui dégagent vraiment l'odeur exquise de ce coin de terre qu'Oswald Durand a appelé « Notre île bien-aimée », en ayant également le soin délicat de nous peindre merveilleusement la réalité de la vie quotidienne de la Métropole du Nord. En effet, quel Capois ne se souvient pas de Grand Pion, de Joe Cannelle, de Vieux Tonton, etc.?

Le leader est aussi (et surtout) un homme qui pense, qui réfléchit en vue de maintenir l'équilibre dans tous les aspects de sa société. Dans le but de sauvegarder la moralité de la jeunesse capoise, il a introduit dans les années 1960 le très sain et prisé « Bamboche Créole ». Non seulement ce programme estival organisé le dimanche après-midi au Rumba Night Club avait pour vertu d'épargner les jeunes des habitudes nocturnes, mais il servait également de stratégie de promotion pour la ville. Effectivement, ils sont légion les jeunes vacanciers d'autres villes du pays à se souvenir des bons moments passés dans cette « Cité du Cap-Haïtien », « vraiment [...] remplie de charmes / avec [ses] jolies maisons style colonial...». Quant à « Bamboche Créole, boule de feu / A la douce li douce », il demeure un refrain inoubliable pour la jeunesse de cette époque. (Autre temps, autres moeurs ! Dommage ! Les normes empreintes de moralité sont devenues de nos jours des « choses démodées », bagay tan lontan, bagay vye granmoun).

Le sens du leadership d'Hulric Pierre-Louis est vraiment rare chez nos compatriotes (tous domaines confondus). Il compte parmi l'un de nos rares dirigeants à ne pas se sentir inquiété de la présence de collaborateurs aussi (et surtout plus) valables que lui. Et, cette qualité allait permettre à Septen d'abord d'aller au-delà de la Barrière Bouteille et de traverser plus tard bien des océans. Combien ne se sentiraient-ils pas menacés de la présence d'un Alfred Moïse, d'un Loulou Etienne, d'un Thomas David, d'un Jacques « Alto » Jean, d'un Jacques «Ti Jacques » François, et de tant d'autres ?

Hors des rangs de Septen, le maestro Pierre-Louis a eu l'intelligence de s'entourer également d'hommes hautement compétents qui ont pu élargir l'éventail des débouchées intéressantes pour l'orchestre. C'est, par exemple, sa collaboration avec le génial Guy Durosier qui avait permis à l'ensemble de s'imposer de façon convaincante pour la première fois à Port-au-Prince vers la fin de 1954 au « Festival de Radio Théâtre » au Ciné Paramount, où régnait presque sans partage l'Ensemble Ernest Lamy. Par la suite, du 1er février 1955 au 31 mai 1955, on retrouvera le maestro, invité par Durosier, au sein de l'Ensemble du Riviera Hôtel d'Haïti. Beaucoup plus tard encore, vers mars 1964, il usera de son talent d'habile négociateur pour convaincre M. Jean-Claude Abraham d'engager sa prestigieuse Djoumbala Night Club, fief du Super Jazz des Jeunes, dans la mouvance de la « boule de feu ». C'est l'assaut final ! Septen s'impose sur la scène nationale !

Pour ce qui est de sa reconnaissance internationale, l'orchestre n'avait aucune lourde indemnité à payer. Une fois de plus, le dynamisme d'Hulric Pierre-Louis s'était révélé payant. Il parvient à signer un contrat de quatre mois avec M. Edouard Martin de la Loge Golgotha, à New York. Ainsi, d'août à décembre 1966, le groupe entreprendra sa première tournée à l'extérieur du pays, plus précisément en Amérique du Nord (New York, Miami, Chicago, Montréal, etc.). Par la suite, le maestro et le disquaire Marc Duverger s'associeront pour faire évoluer l'ensemble à l'étranger au moins une fois l'an.
Progressiste, Pierre-Louis a été instrumental dans la mise sur pied de Coopérative Septentrional (Cosept). Grâce à ce concept génial, Septen est devenu sans doute le premier ensemble musical de notre pays à se doter de sa propre boîte de nuit (Le Feu Vert Night Club, en 1964), d'une salle de cinéma (Septen Théâtre), de son propre label d'enregistrement (Cosept) et d'autres formes d'investissement.

Vers la même époque, en 1964, Hulric eut la peine profonde de voir mourir sa chère moitié Edeline « Ninotte » Pierre-Charles, la mère de son fils aîné Ulrich, dit Rico. Deux années plus tard, il retrouvera le bonheur en épousant la distinguée Olie Clément. Le couple aura un fils, prénommé Jude « Nandy », lui aussi musicien.

Certainement, le maestro n'a pas été le seul à faire de Septen ce joyau qu'il est devenu. Avec objectivité, nous devons rendre hommage également tant à ses pionniers (Jean Menuau, Léandre Fidèle, Rigaud Fidèle, Jacob Germain, Pierre « Boss Pierre » Jacques, Altémis Dolcé, Raymond Jean-Louis, Camille Pierre, Arthur François, et la suite) qu'aux autres venus un peu par la suite (Gérard Monfiston, Raymond « Colo » Pynchinat, Roger Colas, ...). Il ne serait pas superflu non plus de souligner l'apport de certains fanatiques et autres dirigeants qui, eux aussi, ont largement contribué à faire connaître et présenter leur « Sèpten » (l'accent grave, pour marquer le doux accent capois) comme une véritable religion. Personnellement, je n'oublierai jamais le Dr. Berne Paul, jeune étudiant en médecine, qui, vers 1978, a été le premier à me faire apprécier ce superbe Septentrional et le maestro Hulric Pierre-Louis. Avec cette même dévotion, les Rochenel Ménélas, François Marie Michel, Wilfrid « Tony » Hyppolite, le septentologue, ont toujours fidèlement contribué et contribuent encore au rayonnement de notre « Septen national ».
Cependant, je retourne à la case départ pour affirmer qu'à mon humble avis, l'apport d'Hulric a été tout autre. Bien qu'il ait cessé de jouer depuis vers 2002, suivant les recommandations de ses médecins, il demeure jusqu'à aujourd'hui le guide spirituel de l'ensemble. Alors, je m'inscris dans deux pensées. D'abord, dans celle de M. Michel Tassy, l'un des chanteurs légendaires de ce groupe qui m'a avoué dans une entrevue réalisée le 27 avril dernier que : « Dès qu'on parle de Septen, on parle nécessairement du maestro Hulric Pierre-Louis. Les deux sont indissociables... Avec Alfred Moïse et Roger Colas, le maestro a été pour moi une source d'inspiration. Hulric est un grand homme... », puis dans celle de M. Georges Bossous Jr qui pense que : « Hulric a marqué de son esprit l'Orchestre Septentrional. Il est de ceux qui font la fierté non seulement des Capois et des nordistes, mais aussi de tous les Haïtiens. »

Quelle somme énorme de sagesse, de compétence, de discipline, de sens du compromis (et non de la compromission), d'esprit de sacrifice, de pardon, d'abnégation et de tous les autres doux fruits de l'esprit a montrée Hulric Pierre-Louis pour cette réalisation aussi gigantesque que représente l'Orchestre Septentrional, l'inextinguible « Boule de Feu d'Haïti » ! Pour avoir conservé et défendu nos valeurs avec tant d'audace, il fait figure de monument, de colosse, de légende. Franchement, il est une citadelle musicale!

 Louis Carl Saint Jean
louiscarlsj@yahoo.com