Dantès BELLEGARDE
Haïti

Dantès BELLEGARDE

BELLEGARDE JEAN-LOUIS BOISSON
Louis BELLEGARDE
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Photo courtoisie de Gilles Hudicourt
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Jean-Louis BELLEGARDE
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Catherine BELLEGARDE née JEAN-LOUIS
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Louis Dantès BELLEGARDE
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Marie BELLEGARDE née BOISSON
Dantès Louis BELLEGARDE
Ecrivain
Commandeur de la Légion d'honneur
Directeur du Lycée National 1897, Directeur de l'Instruction publique 1904, Chef de service de la Banque Nationale 1911, Secrétaire particulier de Michel Oreste 1913-1914, Secretaire d'Etat à l'Instruction Publique et Agriculture 1918-1921
o vendredi 18 mai 1877 Haïti, Port-au-Prince
+ jeudi 16 juin 1966 Haïti, Port-au-Prince
(frères/soeurs:- Windsor BELLEGARDE- Argentine BELLEGARDE- Clément BELLEGARDE)
ax Haïti, 1902, Cécile SAVAIN

DESCENDANCE


Avec Cécile BELLEGARDE née SAVAIN
1 ) Auguste BELLEGARDE (ca. 1903-)
2 ) En vie / Living (ca. 1905-)
3 ) Marie HUDICOURT née BELLEGARDE (26 novembre ****-)
4 ) En vie / Living (ca. 1910-)
5 ) En vie / Living (ca. 1911-)
6 ) Simone SMITH née BELLEGARDE (ca. 1912-)
7 ) Fernande BELLEGARDE (ca. 1913-)
8 ) Jean Marie Dantès BELLEGARDE (ca. 1915-31 décembre 1977)

 

 

Notes :

Président Honoraire au second congrès Pan Africain, Ministre Plénipotentiare à Paris, Délégué d'Haïti à la Société des Nations à Genève, Représentant d'Haïti au Vatican. En 1930 Ambassadeur à Washington D.C. 1941, Directeur de l'École Normale Supérieure.

Principale source : ROB:pbs

Fiable; renseigné par un proche parent

Autre source : JPM

Généalogie d'Haïti et de Saint-Domingue
Estelle & Jean-Paul Manuel © 1998-2009.
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Corrections : haiti.saintdomingue @ gmail.com
Révisé le dimanche 20 juin 2010

 

Dantès Bellegarde

par Yves Chemla pour Ile en Ile

Dantès Louis Bellegarde est né le 18 mai 1877 à Port-au-Prince. Issu d'une famille qui fut proche des instances politiques haïtiennes dès les origines, il est d'abord élève au lycée Pétion, puis mène des études de droit et devient avocat. Il s'intéresse aux débats touchants à la généralisation de l'instruction publique depuis les années 1885-1890. Il sera en 1897 lui-même professeur au lycée Pétion. Co-fondateur, avec Pétion Gérôme, de la revue littéraire La Ronde (1898 à 1902), il marque ainsi son attachement à un courant de pensée ouvert sur la perspective de la modernité et un certain universalisme, par opposition aux écoles dites patriotiques qui en appellent à un strict particularisme haïtien.

En 1904, il est nommé directeur de l'Instruction publique, et commence à mener une politique de réforme. Mais il est révoqué en 1907, en raison de ses opinions firministes. Il devient comptable puis chef de service à la Banque nationale, tout en collaborant à la revue Haïti littéraire et scientifique (1911-1912). Il devient le secrétaire particulier de Michel Oreste pendant sa courte présidence (1913-1914). De retour à la Banque Nationale, il prend conscience de l'imminence de l'occupation américaine.

De 1918 à 1921, sous la présidence de Dartiguenave (1915-1922), Bellegarde est secrétaire d'État de l'instruction publique puis de l'agriculture. Pendant cette période d'occupation et de guerre, il mène un travail acharné pour maintenir en état le système d'enseignement, en cherchant à augmenter notamment les salaires des instituteurs, et il participe par ses écrits, ses discours et ses articles au sursaut national, aux côtés de Léon Laleau et de Jean Price-Mars, tout en se démarquant de ce dernier sur la question de l'indigénisme.

Nommé en 1920 à la cour internationale de justice de La Haye, il commence en 1921 une carrière diplomatique. Il participe au second congrès Pan Africain organisé par W.E.B. Du Bois en tant que président honoraire. Il est nommé ministre plénipotentiaire à Paris, délégué d'Haïti à la Société des Nations, à Genève, où il dénonce régulièrement l'occupation américaine. Il est aussi le représentant d'Haïti au Vatican. Bellegarde est dans ces années considéré comme un très grand orateur, et ses interventions sont largement commentées. En 1922, il est directement nommé par le gouvernement français Commandeur de la Légion d'honneur, distinction rarement accordée à un étranger. En 1930, il est ambassadeur à Washington, D.C.

Il est rappelé en Haïti en 1936. Il devient, jusqu'en 1941, Directeur de l'École Normale Supérieure, qui forme les enseignants et les cadres de l'administration de l'Instruction publique. Il sera enfin chargé de missions à Washington en 1946 et en 1957 tout en représentant souvent Haïti lors de rencontres internationales, notamment en Amérique centrale et en Amérique latine. Il est régulièrement honoré et décoré lors de ses déplacements. Régulièrement honoré et décoré lors de ses déplacements, Bellegarde meurt à Port-au-Prince le 16 juin 1966.

L'œuvre de Bellegarde, inscrite dans son temps et dans les circonstances, est nourrie par le positivisme comtien et le bergsonisme. Ses essais sont souvent composés de recueils d'articles liés à l'actualité ainsi que de discours prononcés lors d'occasions officielles. Mais Bellegarde a également imprimé sa trace dans l'enseignement haïtien par la rédaction d'ouvrages scolaires, en particulier dans le domaine de l'histoire. Politiquement marquée, cette œuvre radicalement opposée «aux doctrines malfaisantes du racisme athée et du bolchevisme sanguinaire» (Haïti et ses problèmes, 1941) ne parvient pas cependant à se départir d'une attitude ambiguë à l'égard de la France («Je suis certain de rester [...] dans la tradition de cette culture française, faite de clarté, de sociabilité et de sympathie, et dont M. Daniel-Rops, dans un récent article du Temps Présent de Paris, reconnaît M. Sténio Vincent, M. Léon Laleau, M. Clément Magloire, M. Abel Léger, le docteur Price-Mars, et moi-même, à côté de beaucoup d'autres, comme les tenants fidèles en Haïti»), comme à l'égard des populations les plus pauvres d'Haïti, souvent représentée comme «arriérées». Mais sa critique tenace de l'enfermement dans une identité haïtienne peu ou mal définie peut être lue aussi comme une critique a priori des errances duvaliéristes.

On trouvera dans Au Service d'Haïti de multiples témoignages de ses contemporains, qui montrent le large éventail des activités de Bellegarde, ainsi que les marques d'une renommée internationale exceptionnelle.

– Yves Chemla

Oeuvres principales:

Essais:

  • L'Occupation américaine d'Haïti. Port-au-Prince: Chéraquit, 1924; L'Occupation américaine d'Haïti, ses conséquences morales et économiques. Port-au-Prince: Chéraquit, 1929; Éditions Lumière, 1996.
  • Pages d'histoire. Port-au-Prince: Chéraquit, 1925.
  • La République d'Haiti et les États-Unis devant la justice internationale. Paris: Librarie de Paris-Livres, 1924.
  • Pour une Haïti heureuse... 2 vols. (1. Par l'éducation. 2. Par l'éducation et le travail.)  Port-au-Prince: Chéraquit, 1927-29.
  • Un Haïtien parle. Port-au-Prince: Chéraquit, 1934.
  • La Résistance haïtienne (l'occupation américaine d'Haïti); récit d'histoire contemporaine. Montréal: Beauchemin, 1937.
  • La Nation haïtienne. Paris: J. de Gigord, 1938.
  • Haïti et ses problèmes. Montréal: B. Valiquette, 1941.
  • Dessalines a parlé. Port-au-Prince: Société d'éditions et de librairie, 1948.
  • Haïti et son peuple. Paris: Nouvelles Éditions Latines, 1953.
  • Histoire du peuple haïtien, 1492-1952. Port-au-Prince, 1953.
  • Au Service d'Haïti; appréciations sur un Haïtien et son oeuvre. Port-au-Prince: Theodore, 1962.