Sénateur Louis DÉJOIE
Haïti

Sénateur Louis DÉJOIE

DEJOIE CASTEL ORIOL CEVEST GEFFRARD McINTOSH
Léon DÉJOIE
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Elisabeth Henriette DÉJOIE FRANGEUL née CASTEL
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Photo
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Fabre GEFFRARD
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Lorvana GEFFRARD née McINTOSH
Dennery DÉJOIE
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Catherine DÉJOIE née ORIOL Népomucène CEVEST
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Célimène CÉVEST née GEFFRARD
Justin DÉJOIE
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Louise DÉJOIE née CEVEST
Pierre Joseph Justin Marie Louis DEJOIE
Agronome
Ingénieur Agronome
Sénateur de la République, Candidat à la Présidence 1956
o dimanche 23 février 1896 Haïti, Gonaïves
+ vendredi 11 juillet 1969 USA, New-York, NY
(frères/soeurs:- Adrienne DÉJOIE- Catherine LEDOCTE née DÉJOIE)
ax Haïti, 1923, Suzanne BOUCARD

DESCENDANCE


Avec Suzon DÉJOIE née BOUCARD
1 ) Maryse HASIWAR née DÉJOIE (ca. 1924-)
2 ) Louis DÉJOIE II (28 mai 1928-11 janvier 1998)
3 ) En vie / Living (ca. 1929-)

 

 

Principale source : JPM

Source externe

Autre source : ANCS

Généalogie d'Haïti et de Saint-Domingue
Estelle & Jean-Paul Manuel © 1998-2009.
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Révisé le dimanche 20 juin 2010

 

Louis Déjoie

 

Louis Déjoie, fils de Justin Déjoie, négociant et de Claire Louise Cévest, originaire de la Jamaïque et de la dame Marthe Célimène Geffrard, naquit à Port-au-Prince le 23 février 1896. Justin Déjoie était lui-même le fils d'Ennery Déjoie et de Véronique Catherine Oriol. Les parents de Louis Déjoie se sont unis le 29 avril 1895, en présence des citoyens Solon Ménos et Edmond Roumain; Gétin Heurtelou, officier de l'état civil de Port-au-Prince, a présidé la cérémonie.

Ayant obtenu sa maîtrise à Cornell University, Déjoie regagna Haïti en 1922. Il dut patienter presque deux ans avant de pouvoir occuper un emploi à l'École d'agriculture de Thor (section communale de Carrefour, Port-au-Prince) dirigée alors par Bailley, un Jamaïcain devenu un grand haïtien. Louis Déjoie contribua à former quelques bons éléments et développa la première culture méthodique de tomates qu'il exporta.

Quand Déjoie rentra de Gembloux (faculté des sciences agronomiques de Belgique), il succéda à Bailley à l'École d'agriculture de Thor, qui logeait à l'époque dans un ancien asile de fous, bâtiment sans portes où les cabris venaient s'abriter la nuit. En 1922, lorsque Freeman, conseiller financier américain, arriva avec l'emprunt de seize millions, le gouvernement de Louis Borno entreprit la construction de l'École d'agronomie de Damien. A la fin des travaux, il fallait recruter des étudiants ; on les attirait en leur offrant des bourses de quarante-cinq dollars. La bâtisse, impressionnante, fit la une des journaux haïtiens, non pour rendre hommage au gouvernement de son utilité mais, au contraire, pour l'accabler de consacrer une telle construction à l'enseignement des paysans. Un grand journaliste, Charles Moravia, s'écria : «Il faut fermer Damien, il va à la République comme un faux col à un chat.»

Un journal alla même jusqu'à suggérer qu'on en fît un hôtel.

A cette époque-là, les écoles rurales n'existaient que de nom. Quant Maurice Dartigue, assistant du directeur général adjoint Carl Colvin à Damien, dressa le relevé des école rurales, il constata que la plupart n'étaient en réalité que des écoles fantômes ou «zombies.».

En sa qualité d'ingénieur agronome, Louis Déjoie siégea au comité national haïtien de la Conférence mondiale de l'énergie formé le 22 juillet 1936 par le gouvernement Sténio Vincent; le comité se composait comme suit : l'ingénieur Louis Roy, ancien ministre des Travaux publics, président ; le docteur Rulx Léon, vice-président ; l'ingénieur Pierre Éthéart, secrétaire; le colonel D.P. Calixte, les ingénieurs Lepelletier Jeannot, Hermann Doret, Charles Féquière, Max Dennis, Max Mangonès et l'ingénieur agronome Schiller Nicolas, membres.

«Le comité national haïtien de l'énergie entre en rapport avec le comité national américain et avec le comité international permanent de Londres pour tout ce qui a trait aux travaux et études qui constituent le but de la Conférence mondiale de l'énergie.»

Déjoie entra au Sénat puis soumit sa candidature à la présidence de la république d'Haïti en 1957, sous la bannière du Parti national agricole et industriel, le PAIN; ses adversaires : Clément Jumelle, Daniel Fignolé, le docteur François Duvalier, etc. Sa campagne électorale, menée avec prestige et dignité marqua profondément la vie politique et sociale haïtienne.

Le 2 mai 1958, un communiqué du département de l'Intérieur informa l'opinion publique de ce que Louis Déjoie, ex-sénateur de la République, était déclaré hors-la-loi, victime d'une tentative politique d'éloignement. Le 19 mai, Louis Déjoie décida donc de s'exiler au Mexique. Réfugié à l'ambassade du Mexique, Louis Déjoie reçut la protection du drapeau mexicain jusqu'à son départ. Selon les rumeurs, il semble qu'on ait soumis l'ambassadeur de ce pays ami à des pressions pour le moins discourtoises afin qu'il livre son précieux réfugié, à tel point que l'ambassadeur a dû appeler la police en renfort pour assurer la sécurité de Déjoie.

Louis Déjoie mourut à New-York.

 

par Ernst et Ertha P. Trouillot
Encyclopédie Biographique d'Haïti
Les Éditions SEMIS inc.,
(c) Ottawa 2001