Daniel FIGNOLÉ
Haïti

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Marguerite FIGNOLÉ née BERNARD Josaphat BERNARD
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Léonie FIGNOLÉ née BERNARD
Pierre Eustache Daniel FIGNOLE
Président de la République d'Haïti - (1957-1957)
o ca. 1913 Haïti, Pestel
+ mercredi 27 août 1986 Haïti, Port-au-Prince
(frères/soeurs:- En vie / Living)
ax Carmen JEAN-FRANCOIS

DESCENDANCE


Avec Carmen FIGNOLÉ née JEAN-FRANCOIS
1 ) En vie / Living
2 ) En vie / Living
3 ) En vie / Living

 

 

Principale source : JPM

Source externe

Généalogie d'Haïti et de Saint-Domingue
Estelle & Jean-Paul Manuel © 1998-2009.
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Révisé le dimanche 20 juin 2010

 

Pierre Eustache Daniel Fignolé

 

Pierre Eustache Daniel Fignolé, fils d'une repasseuse professionnelle et d'un instituteur rural - mort en 1927 - vit le jour dans le département de la Grande Anse, plus précisément à Pestel en 1913.

En 1928, Fignolé se rendit à Port-au-Prince, à la recherche du pain du savoir; quelques mois plus tard, sa mère le suivit dans la capitale, désirant continuer d'entourer son fils de ses soins attentifs. En dépit de contraintes financières, Daniel Fignolé fit de bonnes études classiques et brilla par ses aptitudes ainsi que par son goût pour les lettres et les mathématiques. A la fin de ses humanités, il obtint une chaire au Lycée Pétion, où il enseigna les mathématiques et la cosmographie, ainsi que la philosophie au Petit Séminaire Collège Saint-Martial. Bientôt, les langues mortes - le latin et le grec - s'ajoutèrent à son programme d'enseignement. Fignolé dispensa également des cours de géographie d'Haïti à l'Institut Tippenhauer, au Collège de Port-au-Prince et dans d'autres centres d'éducation.

Vers 1940, sa réputation de professeur de mathématique se répandit à l'échelle nationale. Il conçut donc l'idée de fonder une école primaire sur la rue Magloire Ambroise.

Daniel Fignolé milita aussi dans le journalisme. En 1942, en collaboration avec Jean Montès Lefranc, Rodrigue Casimir, B. Delva, T. Lauture et Max Isidore, il fonda Chantiers, revue politique, littéraire, scientifique. La publication de ce mensuel fut suspendue après la parution de son troisième numéro par le gouvernement d'Élie Lescot. Puis vint La Famille, organe du bureau d'action féminine du MOP, qui vit le jour à Port-au-Prince le 14 novembre 1948, fondé par Daniel Fignolé et sa femme Carmen Jean-François Fignolé, qui en assura aussi la direction ; Remponette Dambreville y occupa le poste de rédactrice en chef, Marie Beauplan Julien, celui de gérante, Raymonde Valéry et Anna Désir, celui d'administratrices.

Installé sur les hauteurs de Bel-Air avec sa famille, partageant le quotidien de la gent ouvrière, professionnelle et prolétairenne, Daniel Fignolé, fort du désir d'aider à la promotion des masses rurales, créa un parti politique vers 1946 sous le vocable «Mouvement ouvrier paysan» - le MOP. Ce parti, dont le poste de secrétaire général était occupé par François Duvalier, constitué au nom des fractions laborieuses et défavorisées du pays, se targuait de prôner des idéaux de fraternité et de progrès dans le travail, l'éducation et l'avancement social.

Président du Front révolutionnaire haïtien, candidat à la députation aux élections de 1946, suite au renversement du président Elie Lescot, Fignolé dut concéder la victoire à l'ingénieur Georges François. Sa défaite provoqua un tumulte populaire, conséquence de sa grande popularité et de sa transcendance sur le peuple. Il soutint avec flamme la candidature à la présidence d'Haïti de Démosthène Pétrus Calixte, homme de Sténio Vincent, candidat malhabile évincé par Dumarsais Estimé, dont l'esprit progressiste a vite rallié le peuple à sa politique gouvernemental.

Nommé secrétaire d'Etat de l'Éducation nationale et de la Santé publique dans le cabinet d'août 1946, Daniel Fignolé s'empressa de mettre sur pied le Lycée Toussaint-Louverture au Morne-à-Tuf, des lycées à Hinche, à l'Arcahaie, à Petit Goâve, en vue de faciliter l'accès à l'instruction aux jeunes citoyens de sa classe et «contrebalancer,, à l'université, la prestation des petits bourgeois qui avaient reçu leur formation à l'Institut Saint-Louis de Gonzague et au Petit Séminaire Collège Saint-Martial.» Cette alliance politique avec Dumarsais Estimé ne dura guère. En effet, suite à un désaccord qui l'opposa à un ministre, Fignolé démissionna le 24 octobre de la même année. Il s'engagea alors dans le mouvement syndicaliste. Aussi, il fit porter les émoluments quotidiens des ouvriers de la HASCO (Haitian American Sugar Company) de 1,50 à 5 gourdes.

En 1950, Fignolé fut enfin élu député de la circonscription de Port-au-Prince. Il présenta sa candidature aux présidentielles de 1957, combattant farouchement la candidature de François Duvalier qu'il qualifiait de «petit médecin de campagne, sournois et cynique». Daniel Fignolé fut vite gagné à l'astuce de certains adversaires qui, dans le but inavoué de l'écarter définitivement des prochaines joutes présidentielles, le pressaient d'accepter la présidence provisoire de la République : «Les candidats à la présidence, A. Jumelle et François Duvalier, en présence de la crise exceptionnellement grave que traverse le pays, ont décidé, dans l'intérêt supérieur de la patrie, de confier provisoirement la présidence de la République au professeur Daniel Fignolé » (le 25 mai 1957).

Fignole3-vi.jpg (78534 octets)Le 13 juin suivant, les forces de l'armée le renversèrent du pouvoir, procédèrent à son arrestation et l'expédièrent à l'étranger. Embarqué à bord de la Crête-à-Pierrot, Daniel Fignolé transita à Miami puis atteignit New York par la Eastern Airlines. Lui succéda un militaire de haut rang, Antonio Th. Kébreau, intégré dans un Conseil militaire de gouvernement qui prépara les élections législatives et présidentielles qui vinrent triompher François Duvalier le 22 septembre 1957.

Frappé par la maladie, Daniel Fignolé regagna sa terre natale le 20 mars 1986, après la chute des Duvalier, miné physiquement et intellectuellement vieilli. Une foule immense, agitée, excitée, en délire, vint accueillir à l'aéroport national de Maïs Gâté cet homme qui savait subjuguer par son incroyable charisme. Les plus jeunes, ceux qui ne connaissaient pas les traits de ce véritable mythe, de ce grand homme qui s'était battu au nom de la «majorité silencieuse, incomprise et méprisée», se pressèrent en grand nombre pour lui offrir spontanément l'hommage de leur estime.

Son état s'aggravant, Daniel Fignolé se fit soigner aux États-unis. Sans succès. L'homme fougueux, audacieux, au verbe haut et sonore, le tribun magnifique, lui qui avait offert sa vie en holocauste pour que des jours meilleurs brillent enfin sur le monde haïtien, s'éteignit dans la nuit du 26 au 27 août 1986.

 

Au cours de sa carrière, Fignolé a publié de nombreux écrits : 

  • Géographie des frontières; L'instruction publique en Haïti, 1804-1859 (Port-au-Prince, 1945)
  • «Mouvement ouvrier paysan»
  • «Institut mopique»
  • «Cahiers du mopisme»
  • Au service de la jeunesse; l'Instruction publique en Haïti, 1859-1879 (Port-au-Prince 1947)
  • «Le Nord-Ouest dominicain», publication du Bureau (1948)
  • «Notre Neybe ou leur Bahoruco» (1948)
  • Cuba et Haïti (Port-au-Prince, 1949)

Le Nouvelliste, par la plume de Leslie F. Manigat -futur président d'Haïti - rendit ainsi hommage à l'illustre disparu : 

«La mort de l'ex-président Daniel Fignolé, survenue en effet à Port-au-Prince, attendue sans surprise par tous ceux qui étaient au courant de la cruelle maladie qu'il supportait stoïquement, n'en est pas moins bouleversante pour la conscience nationale qui sait se souvenir. Il était en effet un pan d'un demi-siècle d'histoire vivante. Le dernier échantillon de ces hommes qui ont fait les événements de 1957, les Jumelle, les Déjoie, les Duvalier...

«Son premier et plus beau titre de gloire demeurera celui de professeur que lui disputera, sans doute, aux yeux de l'histoire, celui d'être resté le plus intègre des hommes politiques de sa génération. Il a parcouru tous les échelons de la vie politique, des honneurs au calvaire. Professeur de lycée et intellectuel opposant avant 1946, tribun populiste, leader syndical et idole des masses noires port-au-princiennes à la "révolution de 1946", député sous Paul Eugène Magloire, candidat à la présidence et président provisoire en 1957, il aura été pratiquement  tout le temps dans l'opposition si on excepte ses deux brefs intermèdes ministériels et présidentiels.

«Homme du "pays profond", d'humble origine, il ne péchait pas par humilité, sans doute parce qu'il était trop conscient des trois atouts majeurs qui ont fait sa force et sa gloire politiques : une intelligence tribunitienne classique, monumentale et élégante, voire précieuse, quand elle s'exprimait en français, vibrante de lumière et ondulante comme une flamme quand elle s'exprimait en créole, dans les deux cas, solide et articulée à la manière d'un gothique flamboyant; un patriotisme socialisant qui lui a valu d'être l'auteur d'une nouvelle irruption des masses dans la vie politique au service de l'intégration sociale et de l'intérêt national mais aussi de créer la peur sociale qu'inspirait le fameux "Rouleau Compresseur"; une verticalité orgueilleuse, à la manière d'un "poto-mitant" vodou, verticalité rigoureuse, à l'image des mathématiques qu'il avait enseignées, verticalité pointilleuse et ombrageuse qui a été à l'origine d'une intransigeance polémique passionnée qui le rendait parfois injuste.»

La presse haïtienne consacra à ce bel échantillon national des articles émouvant coiffés de titres élogieux tels :

  • «Daniel Fignolé, leader populiste» ;
  •  «La mort d'un grand haïtien» ;
  • «Le professeur Daniel Fignolé, ex-président d'Haïti» ;
  • «Pour dire adieu au prodigieux timonier national, Daniel Fignolé»; 
  • «La lourde succession de Daniel Fignolé» ;
  • «Daniel Fignolé : Sa vision de l'indépendance» ;
  • «Hommage à un grand haïtien» ;
  • «Hommage d'un élève à son professeur, Daniel Fignolé» ;
  • «Daniel Fignolé : Un pan d'un demi-siècle d'histoire vivante» ;

etc.,

par Ernst et Ertha P. Trouillot
Encyclopédie Biographique d'Haïti
Les Éditions SEMIS inc.,
(c) Ottawa 2001