Faustin SOULOUQUE
Haïti

Faustin SOULOUQUE

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Président de la République puis Empereur

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SOULOUQUE MANDINGUE
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Photo courtoisie de Gilles Hudicourt
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Nation Mandingue
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Marie-Catherine SOULOUQUE
Faustin Élie SOULOUQUE
alias Bonhomme Coachi
Militaire
Empereur d'Hayti Faustin 1er,
Président de la République d'Haïti - (1847-1849) - Empereur (1849-1859) - Cmdt commune de Plaisance 1820, Garde Nationale 1845.
o jeudi 15 août 1782 Saint-Domingue, Petit-Goâve, hab. Viallet
+ dimanche 3 août 1873 Haïti, Petit-Goâve
(frères/soeurs:- Alexandre de JEAN-JOSEPH)
ax Sanite LEON
bx Haïti, Port-au-Prince, 31/12/1847, Elizabeth Adélina LEVEQUE

DESCENDANCE


Avec Sanite HUDICOURT née LÉON
1 ) Augustin SOULOUQUE (4 décembre 1824-)

Avec Adélina SOULOUQUE née DÉRIVAL-LÉVÊQUE
2 ) Olivette SOULOUQUE
3 ) Célia SOULOUQUE

 

 

Notes :

Peut-être né en 1788 (Gilles Hudicourt)

Principale source : JPM

Source externe

Généalogie d'Haïti et de Saint-Domingue
Estelle & Jean-Paul Manuel © 1998-2009.
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Corrections : haiti.saintdomingue @ gmail.com
Révisé le dimanche 20 juin 2010

 

https://sites.rootsweb.com/~htiwgw/familles/fiches/pics/1847-Faustin.jpg (1637177 octets)Faustin Soulouque

«Bonhomme Coachi» ou  «Bonom Kwashi»
«Bo'nom Kwashi-Kwasi Kongo»

Président du 1er mars 1847 au 15 janvier 1859


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"Kwashi" en langue Vodoun " Langaj"  signifie "fils du Chef"
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d'autres sources disent né en 1752
* Officiellement né au Petit-Goâve en 1782 de parents Mandingue esclaves, fraîchement arrivés de leur sol natal

1791 - Participe aux événements de 1791 et 1792, [sic: il aurait eu 9 ou 10 ans]
1793 - Affranchi par Rigaud 
1807 - Prend part, à la campagne du Môle. 
1810 - en juillet il devient Aide de Camp de Lamarre, 
         - "le Lieutenant noir" appelé Faustin Soulouque apporta le coeur de Lamarre à Pétion
1820 - Boyer le nomme Commandant de la commune de Plaisance. 
         - Gérant de Manègue pour le Président Boyer.
1843 - 13 Février, "l'impassible Capitaine Souclouque trébuche sur les valises de Choute Lachenais"

1843 - L'Affaire des GUYONS

1846 - il est nommé Commandant de la garde présidentielle, par le Président Riché 
        - On le surnommé "le Bon Gros et Pacifique"

1846 *** Apparition de Notre-Dame de la Vierge de Saut-d'Eau" ***
*** Apparition de Notre-Dame de la Vierge au Champ de Mars" ***

1847 - 1er Mars - Faustin Soulouque est nommé Président d'Haïti

* Partout il s'était montré homme de devoir, modeste, réglé, dévoué, indifférent à la politique. 
*Bonhomme Coachi, couché dans son hamac, se crut mystifié; puis, comme les sénateurs insistaient, il grommela en colère: 

- «Si je suis nommé Président, je saurai me conduire en chef !»

- Remaniement Ministérielle, Soulouque garde les Ministres de Riché
   - Nomination de Augustin MAXIMILIEN (son ami personnel: Similien) Chef de sa Garde
      - (Similien crée à l'occasion les ZENGLEN : "Tessons de Verres en français")
   - Nomination de Jean-Louis BELLEGARDE (son ami personnel) Commandant Militaire de Port-au-Prince
   - Nomination du Colonel DESSALINES Chef de la Police
     - Avril, Vive Altercation sur le préau du Palais avec Céligny Ardouin et David-Troy
- Exécution de Céristier LAURISTON, Député et Ministre d'Haïti à Paris
   - la rue parle d'une vendetta des Bossales contre Créoles.
- arrestation de Céligny ARDOUIN, blessé et - Honoré FERY, BLACKHURST se jettent à l'ambassade, déguisés. (Blackhurst avait fondé la poste d'Haïti sous GUERRIER)
- 9 Avril : Massacre des mulâtres qui dure jusqu'au 21 Avril

Dissolution du Ministère
- Nomination de Lysius SALOMON jeune du Père Castel
- Nomination du Général Damien DELVA, Ministre des Finances

Août : Exécution sommaire : DAVID-TROY par Similien
           Exécution capitale : Toute la famille PRESTON
- 23 Avril : Soulouque se rend dans le Sud avec Pierre NOIR, Jean DENIS, Voltaire CASTOR (tous chefs PIQUETS)

RAPPEL : André Rigaud avait nommé Numa son fils, son successeur, l'équipe de Numa se composait de : 
- Normil CHARLES, DOMINGUE, Jean-Paul HECTOR dit REBECCA, SALNAVE et son fils noir VICTOR) Tous redevables de leur Affranchissement en 1791.
- A Aquin : 300 mulâtres sont exécutés et 184 noirs
- Aux Cayes : Raybaud, déclare 76 exécutions sommaire par Voltaire CASTOR
- A Jérémie : 57 hommes : Officiels, Marchands et Planteurs sont exécutés

1848 - Novembre, Pierre NOIR est exécuté hors des Cayes en représailles
1849 - Avril, SIMILIEN est exécuté dans la même cellule que DAVID-TROY, un an jour pou jour

1849 - Mars, le 6 - INVASION DE Saint-Domingue jusqu'en Mai
15.000 hommes de troupes
          - A Cajul, Las Matas et San Juan de Maguana, les haïtiens sont repoussés
       - A Azua, Rivière-Hérard qui est chez lui s'installe et prend position
       - A Santo-Domingo, le Général Carrié est chez lui et prend position
Menace de Bombardement d'Haïti et de Saint-Domingue par les français
L'opération est annulé - Retrait vers Haïti

1849 - Août, le 26 Mise en Rédaction d'une nouvelle Constitution 
Sept, le 20 Proposition de la nouvelle Constitution
- Proposition -Refus de la : "Présidence à Vie"
- Proposition et Acceptation de l'Empire
- Proposition et Acceptation de l'Arrêt total des versements de "l'Indemnités françaises"

1850 - A l'Ile de St-Thomas, le dénommé Jacinthe (Hyacinthe) est arrêté et déclaré des Services-Secrets de Soulouque
- Création de l'Ordre Militaire St Faustin 
- Création de l'Ordre Civil Haitian 
- Création de la Légion d'Honneur
- Création de l'Ordre de St-Marie, le 21 Décembre 1850
- Création de l'Ordre de St Marie-Magdeleine et St Anne

1851 - Révolution dans l'île de la Martinique
- La population crie : "Vive SOULOUQUE"

144448-vi[1].jpg (37611 octets)

1852 - Avril le 18, il fait monter un Pavillon à l'Ouest du Champs-de-Mars (près de la prison actuelle)
         - 24 Avril, Faustin SOULOUQUE est sacré EMPEREUR sous le nom de FAUSTIN 1er par l'Abbé Cessens
il est anobli par le même rituel que Napoléon 1er.
         - Création de 4 Princes de l'Empire, 2 Duchesses, 59 Ducs, 2 Marquis, 215 Barons, 30 Chevaliers en tout 400 personnes

  • - Prince BOBO : Chef des Zenglens (le vrai chef) - Prince du Nord
  • - Voltaire CASTOR : Comte de l'Ile-à-Vaches
  • - Général SANNON : Général de la Place des Cayes, Comte du Port-à-Piment
  • - Jean CLAUDE : (Chef des Piquets) Duc des Cayes
  • - DUFRENE : (seul mulâtre) Duc de Tiburon
  • - Exceptionnellement : Thomas MADIOU, Ministre des Affaires Etrangères - Editeur en Chef du Moniteur National
  • - GEFFRARD : Duc de Tabarre (prevenu par Aimé Legros, il a tout juste le temps de se sauver avec son fils. 
    Sa fille et sa femme seront enfermées jusqu'à sa prise de pouvoir.)


1856 - Exécution sommaire à Ouanaminthe le 12 janvier sous le prétexte de la déroute contre la dominicanie.
         - Général Jean-Jacques Dessalines (fils de Claire Heureuse Faine Petit)
         - Colonel Béliard, fils naturel du Roi Christophe 


1859 - L'Empereur est renversé le 15 janvier 1859.
         - 20 Janvier - Départ avec sa femme et ses enfants et Damien DELVA


1867 - Décède en revenant de l'exile avant de toucher le Petit-Goâve, le 6 Août 1867


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https://sites.rootsweb.com/~htiwgw/familles/fiches/pics/1847_Adeline.jpg (50126 octets) GENEALOGIE / 
Parents Mandingue esclaves, Kosi, fraîchement arrivés de leur sol natal
La tradition orale haïtienne veut qu'à l'instar des parents de Toussaint, les parents de Soulouk aient été des déportés politiques Mandingues. Arrivés en famille et établi au Petit-Goâve.
1789 - esclave en 1789, mêlé aux événements de 1791 et 1792, 
1793 - Faustin Soulouque fut affranchi par Rigaud 
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ENFANTS :
1) Prince Jean-Joseph Soulouque. 
2) Prince Mainville Joseph Soulouque. 

Mère Adélina (sa sœur se nomme Clélia Levêque)
1) Princess Olive épouse Amitié LUBIN
2) Princess Célita 
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Adélina qui se dit "Une Grande Initiée", personne à l'époque ne disant Vaudou), elle déclare savoir où Boyer enterra le Wanga contre la Présidence, c'est ainsi qu'elle fait venir le Général BELLEGARDE qui se dit le Oungan de SOULOUQUE
- BELLEGARDE fait venir le Frère Joseph Acaau ancien Piquetiste pour désenvoûter la propriété. Par la suite le Frère Joseph Acaau sera envoyé au Môle St-Nicolas, enjollé et executé.

1843 - L'Affaire des GUYONS
1846 - L'Affaire avec Rome concernant l'anoblissement.
Vu la chasse aux vodouisants, il est remis en place et en vogue "Les Grandes Loges" 
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A Desdunes descendant of Haiti was sent by the government of Faustin Soulouque as plennipotentiary minister in New Orleans 
- to negociate with the local government the possible repatriement of several creole families of Haitian ancestry. 
The negociations had failed.
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Monseigneur Jean Hilaire de CAYEMITTE, Duc de La Grand'Anse, 
- haut gradé de l'armée, né à Jérémie vers 1794, commandant de la deuxième Division militaire du Sud; 
- et ses fils les barons : 
- Raphaël Hilairemont de CAYEMITTE 
- Jean-Baptiste Débarin de CAYEMITTE

Acte de naissance de 
Faustin Ulther de CAYEMITTE o 10 déc. 1849, 
- fils naturel du Monseigneur Jean Hilaire de CAYEMITTE et de Eucharis GEOFFROY. 
Témoins : les barons Gérard de DÉGRAFF et de GAS aîné . 
                Parrain et marraine : FAUSTIN 1er Empereur d'Haïti et Sa Majesté Adélina , Impératrice D'Haïti....
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Monsieur le Baron et Mme la Baronne de GAS, 
Les barons Gilles Laurent de LESTAGE, procureur impérial, Gérard de DÉGRAFF, représentant du peuple, Antoine de LAFOREST, Brigadier des Armées de L 'Empire et aide-de-camp de Sa Majesté Impériale, Barthélemy de GUILBAUD, Brutus de RÉMY... 

Les Chevaliers : Alphonse de TABUTEAU, d'AZOR fils, Richmond de ROUSIER et enfin Arthur de ROUSIER, aide-de-camp du Duc de la Grand'Anse.

Acte de naissance de Marie Rose WOËL o 25 déc. 1852, 
- fille légitime de Vital WOËL et de Aurélia KERLEGAND. 
- Témoins : Desaix Jean PAUL et GUILBAUD fils; 
Marraine : Marie Rose CHARPENTIER et Parrain : Sa Majesté FAUSTIN 1er Empereur d'Haïti .
- M. DUCOUDRAY avait épousé une LARAQUE et Joseph Woelson WOEL avait épousé lui une PARET, fille d'une LARAQUE.
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Après des rumeurs de complots, Gilles Lestage est convoqué à Port-au-Prince par son souverain. En apprenant la nouvelle, il a préféré se donner la mort plutôt que de subir la disgrâce de son monarque, disgrâce qui aboutissait toujours à une mort des plus pénibles. 

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Ecoutons la Réponse du Dr. Louis Joseph-Janvier aux détracteurs d'Haïti et plus particulièrement 

                                        au dénigrateur "M. Victor Cochinat" des Haïtiens qui continue ainsi

«Sous le premier de ces chefs (Soulouque), alors que le futur César noir était encore président de la République, le mulâtre Céligny-Ardouin, sénateur et orateur véhément, avait eu la funeste pensée de pousser à l'élection du vieux général Soulouque, pensant comme son frère, M. Beaubrun-Ardouin, et comme beaucoup d'autres hommes de couleur, qu'ils pourraient faire tout ce qu'ils voulaient à l'ombre de ce soliveau. Céligny-Ardouin, homme politique aussi hardi que brave,  était aussi un parleur intempestif et imprudent. Il se fit le premier ministre de Soulouque; mais celui-ci ne tarda pas à s'apercevoir du rôle ridicule que voulaient lui faire jouer Céligny et ses amis, et, pour ne pas s'y prêter, il résolut de se faire nommer empereur lorsqu'il se serait débarrassé de ces familiers gênants.»

Franchement, Monsieur le reporter, est-ce que vous vous relisez après que vous avez écrit?... ou bien croyiez-vous que jamais vos chroniques ne passeraient sous les yeux d'un Haïtien instruit? Dites-moi, où avez-vous appris l'histoire d'Haïti? Quel est le perroquet qui vous a jacassé aux oreilles quelques fait détachés de cette histoire?

Voyons, qu'est-ce que tout cela veut dire?

Un peu d'histoire, s'il vous plait. Relisons et disséquons vos phrases.

«Sous le premier de ces chefs (Soulouque), alors que le futur César noir était encore président de la République, le mulâtre Céligny-Ardouin, sénateur....»

Première erreur! C'est Beaubrun-Ardouin qui était sénateur et non Céligny-Ardouin, je vous le ferai voir tout à l'heure.

«...et orateur véhément, avait eu la funeste pensée de pousser à l'élection du vieux général Soulouque, etc...»

Comment ! Soulouque était déjà président et Céligny-Ardouin a poussé à son élection! Mais vous radotez, vous divaguez ! Faut-il qu'on retienne un cabanon à Bicêtre, à Charenton ou à Sainte-Anne? 

Voyons, voyons, Monsieur le savant politique, comment peut-on pousser à l'élection d'une président qui est déjà élu?...

Tenez, j'ai là la Constitution de 1846, elle fut signée au Sénat le 14 novembre 1846. Parmi les noms des signataires, je vois celui de Beaubrun-Ardouin. Le 15 novembre, le président d'Haïti, Riché, ordonna que l'Acte Constitutionnel fût revêtu du sceau de la République, imprimé, publié et mis à exécution. L'acte du président d'Haïti fut contresigné par les cinq ministres. Je lis parmi leurs noms celui de Céligny-Ardouin qui signa en qualité de secrétaire d'Etat de l'Intérieur et de l'Agriculture.

Le président Riché mourut le 17 février 1847. Le 1er mars le général Faustin Soulouque fut élu à la présidence d'Haïti. 

Voulez-vous savoir comment se fit l'élection : 

Voici: 

Le Sénat, à qui appartenait l'élection du chef de l'Etat, et que présidait à cette époque M. Beaubrun-Ardouin, se partagea également, et durant huit scrutins, entre deux candidats noir : les généraux Souffrant et Paul. Le premier avait pour lui l'armée, mais il avait servi et trahi tous les partis. Le second était digne de continuer l'oeuvre politique de Riché; mais, général improvisé et de fraîche date, l'armée ne le connaissait pas.

«De la parité même de leurs chances naissait d'ailleurs ou un danger de scission nationale, ou une cause de faiblesse pour celui des deux qui l'emporterait. M. Beaubrun-Ardouin coupa court à la difficulté en proposant tout à coup un troisième candidat qui ne divisait personne, par cela même que personne n'y songeait, et, à la grande surprise du nouveau président et de ses présidés, le Sénat nomma le général Faustin Soulouque (1er mars 1847).»

Qui parle ainsi ? - Gustave d'Allaux.

Soulouque ne fut pas ingrat. En Juin de la même année, il récompensa Beaubrun-Ardouin en le nommant Ministre Résident d'Haïti à Paris (Robin). Soulouque avait conservé le ministère qui était en charge lorsque mourut le président Riché. Ce ministère tomba en juillet 1847parce que le Sénat, dont il n'avait pas la confiance, refusa de voter le Budget qu'il avait présenté.

Ce fut alors que fut constitué le cabinet David-Troy.

«Aussi ne tarda-t-il point (Soulouque) à faire arrêter son premier ministre (Céligny-Ardouin) et à faire massacrer dans la journée du 16 avril 1848, les mulâtres influents qui embarrassaient sa route. C'était ainsi, comme il le disait ce jour-là, aux consuls étrangers qui résidaient à Port-au-Prince, c'était ainsi qu'il réglait ses affaires de famille.»

En 1848, le général Céligny-Ardouin n'était nullement le premier ministre du président Soulouque, attendu qu'il n'était pas ministre du tout, ayant quitté le ministère en 1847, en même temps que ses autres collègues qui avaient fait partie du dernier cabinet ministériel sous le président Riché.

«L'homme que les Ardouin avaient pris pour un vieux bouc noir était devenu un tigre.»

La vérité vraie, c'est que, en 1848, le président Soulouque ne pensait pas encore à devenir empereur et qu'il ne pensa jamais à édifier son trône dans le sang de ses concitoyens.haiti-StFaustin1b[1].jpg (38514 octets)

Ce ne fut qu'en 1849, au retour de la campagne de l'Est, que l'armée et le peuple signèrent des pétitions pour lui donner l'empire. C'est pour ce trait peu connu que, dans les Châtiments, Victor Hugo a appelé Napoléon III «singe d'un nègre». Soulouque, empereur dès 1849, ne se fit couronner qu'en 1852.

Le président Soulouque, porté au pouvoir sans l'avoir brigué, ne demandait qu'à l'exercer le plus paternellement possible. On a noirci [sic] son caractère et fort injustement. Au fond, il était très débonnaire; il avait, en 1847 et 1848, une grande crainte de l'opinion de la bourgeoisie haïtienne; il se préoccupait de plaire à tout le monde, aux politiques comme aux bourgeois et à l'armée, et, toujours, il eut peur d'être mal jugé en Europe.

Il ne fut exaspéré de colère que quand il vit que des politiciens sans vergogne voulaient lui enlever la présidence où il n'était que depuis un an et sans qu'il eût démérité de la confiance de personne.

L'armée le soutenait, il s'appuya sur l'armée pour conserver des droits qu'il tenait de la nation.

Le grand tort des hommes d'Etat en Haïti, comme partout ailleurs, c'est de ne jamais assez tenir compte des circonstances et des hommes; c'est de prétendre affubler les simples des apparences du commandement et de l'exercer en sous-main. De nos jours un chef d'Etat doit être doublé d'un savant et il doit savoir vouloir en toute connaissance de cause; les ministres et les législateurs (je parle toujours en général) doivent être à la fois des hommes instruits et des honnêtes gens; ils ne doivent trafiquer ni l'argent du peuple ni confier ses destinées à ceux qui n'ont pas toute la science, toute la capacité, toute l'adresse voulues pour y présider.

A l'étranger on a beaucoup médit du gouvernement de Faustin Ier; on l'a traité de barbare, de sauvage et on a toujours oublié de faire remarquer que, en France, pays très civilisé, pays froid comparativement à Haïti, pays où l'on sait ce que coûte la guerre civile, pays instruit, intelligent, il y a eu pourtant, en dehors des Grandes Journées de la Révolution où le sang fut versé, telles que la prise de la Bastille et le 10 août, il y a eu pourtant combat dans les rues au 13 vendémiaire, quand Napoléon Bonaparte mitrailla les sections sur les marches de l'église Saint-Roch; qu'il y a eu le 18 Brumaire où il garrotta la loi et la liberté et préluda à l'empire; que, sous Louis-Philippe, il y eut les émeutes de Lyon et de Paris et que, dans cette dernière ville, celles du cloître Saint-Merry et de la rue Transnonain, étouffées dans le sang, sont restées célèbres; qu'il y a eu les Journées de Juin 1848 et celle de Décembre 1851.

Je ne veux nullement faire l'apologie des crimes politiques accomplis en Haïti. Je les réprouve et sais tout le mal qu'ils ont causé à mon pays, mais je voudrais que les écrivains européens, toutes les fois qu'ils parlent de crimes politiques perpétrés en Haïti, pays chaud, pays à passions violentes, ne manquassent point, sinon de se montrer indulgents, tout au moins de faire observer qu'Haïti imite toujours l'Europe.

D'ailleurs, il est bon de répéter souvent qu'au 16 avril 1848, à Port-au-Prince, il eut «lutte sanglante entre la bourgeoisie et les autorités militaires (Robin, Histoire d'Haïti), et que quelquefois, en Europe, l'armée fit feu sur le peuple sans armes.

Répétons aussi que la bourgeoisie qui fit opposition à Soulouque était composée de noirs et de mulâtres et que parmi les victimes du 16 avril y eut aussi des noirs.

Dissipons les malentendus; rien n'est meilleur. La journée du 16 avril 1848 fut une journée toute de politique pure et nullement une affaire survenue à la suite d'une question de préjugés de couleur.

Rien n'est plus exaspérant que de voir les superficiels mêler à toutes sortes d'actes politiques passés en Haïti, et auxquels elle a été le plus souvent étrangère, cette irritante question de préjugés de couleur.

Je reviendrais ailleurs - dans un livre où sera étudiée la Sociologie haïtienne - sur cette question et la traiterai à fond, impartialement et aux points de vue historique, physiologique, psychologique, économique et politique.

Pour aujourd'hui, je me contente de m'élever contre la coutume où l'on est de ne pas fouiller l'histoire d'Haïti et de ne pas la montrer toute et au grand jour. Quelques-uns, qui ne se veulent pas donner la peine d'étudier le passé de leur pays, disent en pirouettant sur les talons et d'un petit air qui voudrait être impertinent et vainqueur : Haïti n'a pas d'histoire. Grosse erreur. Et qui fait pouffer de rire les gens sensés. L'histoire d'Haïti est une des plus fécondes en enseignements précieux que je connaisse.

De 1492 à nos jours, trois races et quatre civilisations ont vécu et se sont développées dans ce pays dont on s'obstine à ne lire l'histoire que dans de courts résumés, dans des récits écoeurants de partialité ou d'une nullité complète, ou dans de gros livres indigestes et d'une platitude tellement parfaite que l'on ne sait si l'on doit en rire ou en pleurer.

L'histoire d'Haïti est telle : difficultueuse, ardue, épineuse, charmante par cela même, pleine de faits connexes, simultanés et qui s'enchevêtrent les uns dans les autres, subtile, délicate.

[...]

Elle a été faite par des diplomates qui portaient le sabre; par des esclaves qui devinrent dictateur comme Toussaint Louverture, empereur comme Dessalines, roi comme Christophe; par des soldats de fortune qui se révélèrent fins et patients comme des théologiens : Pétion; qui  surent s'improviser orateurs, écrivains, jurisconsultes, législateurs, administrateurs et qui purent se mettre immédiatement en état de jouer dignement tous ces rôles si divers et si différents les uns des autres. Elle est étonnante et admirable.

Elle est étonnante et admirable.

Je suis tenté, Monsieur Cochinat, de vous pardonner de ne la savoir pas, mais puisque vous en ignorez le premier mot, quelle rage avez-vous de ne pas garder là-dessus un silence absolu?

Chaque fois que vous essayez un aperçu sur l'histoire politique ou l'histoire philosophique de ce pays, je vous prends en flagrant délit d'erreur. 

Lisez d'abord Herrera, Charlevoix, Dutertre, Hilliard d'Auberteuil, Moreau de Saint-méry, Garan-Coulon, Edwards Bryan, Boisrond-Tonnerre, Malenfant, Vastey, Hérard Dumesle, Pamphile de Lacroix, Placide Justin, Métral, Malo, Wallez, Schoelcher, Moreau de Jonnès, Dessales, Lepelletier de Saint-Rémy, Madiou, Saint-Rémy (des Cayes), Ardouin, Bonneau, La Selve, Gragnon-Lacoste, lisez les tous ou sans quoi:

«Imitez de Conrat le silence prudent !»

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Lire: 
- Dorsainvil p.210-211
- Heinl, Heinl & Heinl p.136
- Semexant Rouzier, T.III p.198